Les schizophrènes ne sont pas plus dangereux pour autrui que d’autres personnes dites « normales »

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Les représentations de la schizophrénie sont telles que le public est intimement convaincu du contraire.
Afin d’être le plus objectif possible, nous avons pris nos sources dans des textes issus de recherches en psychiatrie.

Le fait que ces recherches soient peu nombreuses sur ce sujet ne fait qu’accentuer la stigmatisation et la généralisation dans l’opinion publique de la peur liée à la pathologie schizophrénique.

Une récente étude, d’envergure nationale, (Homicide et schizophrénie : à propos de 14 cas de schizophrénie issus d’une série de 210 dossiers d’expertises psychiatriques pénales pour homicide »1, permet d’apprécier un peu mieux la dimension réelle). La schizophrénie « n’arrive qu’en dernière position. 5 % des homicides seulement lui sont associés. Pour la moitié d’entre eux, aucun contact avec un service de soins psychiatriques n’avait eu lieu avant que le crime ne soit perpétré. Ce qui signifie que « 95% des meurtriers ne présentent pas les critères diagnostiques de schizophrénie ». Et encore faudrait-il nuancer puisque dans ces 5% « 74% des patients étaient des consommateurs réguliers d’une ou de plusieurs substances psycho-actives : 72% de l’alcool, 36% d’une autre drogue, 34% associant alcool et drogue »
En bref, on peut retenir que la schizophrénie est nettement moins criminogène que la dépression ou que l’alcoolisme.

D’après A.Bottéro (www.neuropsychiatrie.fr), « chaque fois qu’un crime odieux est commis par un sujet passé par nos services ressort l’antenne d’une « violence schizophrénique »… « La plupart des psychiatres qui soignent, au jour le jour, les patients atteints d’une telle affection ne le voient pas de cet œil. Pour eux, ces patients sont avant tout fragiles. Ils craignent par dessus tout de se faire remarquer, de commettre des actes répréhensibles, et consacrent beaucoup de leurs efforts à passer le plus inaperçus. Mais les vieux poncifs sur la maladie mentale ont la vie dure ».

A méditer donc, et à faire la part des choses avec ce qui peut être rapporté quant à la dangerosité systématique des schizophrènes dans les médias.
(Cf Shaw J. et coll. Br J Psychiatry 2006 ; 188 : 143-147 et dans Neuropsychiatrie : Tendances & Débats 2006 ; 28 : 41
2 S.Richard-Devantoy, J.-P. Duflot, A.-S. Chocard, J.-P. Lhuillier, J.-B. Garré and J.L. Senon, publié dans Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique, Volume 167, Issue 8, October 2009, Pages 616-624)

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